Border art et frontières de l’art. Une approche extradisciplinaire 

Publié en 2016,

antiAtlas journal n°1

Visualisation de l'article. Design graphique : Thierry Fournier

Dans un récent article reprenant les grandes lignes de leur ouvrage intitulé Border as Method, or the Multiplication of Labor (Mezzadra et Neilson, 2013), sandro Mezzadra et Brett Neilson précisent que le débat contemporain sur les frontières est « habité par un sentiment d’anxiété cartographique ». Au-delà de l’évidente relation entre cartographie et frontière, les auteurs pointent, en résonnance avec la pensée d’Étienne Balibar, ce rapport anxieux à la ligne frontalière et à l’instabilité des concours. La carte apparaît dès lors comme une représentation ouverte à la pensée critique, vacillante, qui s’anime de la projection peu ou prou documentée de multiples dispositifs de matérialisation des frontières politiques et d’isolement des territoires : murs, clôtures, no mans’s land.

À cette anxiéété cartographique – le positivisme ayant ici fait place à une lecture projective alimentée par un imaginaire géographique imprégné d’une culture de la géolocalisation sinon d’une pratique domestique du GPS donnant droit à une forme de scepticisme –, les artistes répondent en investissant de façon significative le champ de recherche et d’expression depuis une vingtaine d’années.